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C’est le nom d’une nouvelle maladie des oreilles. Nous l’avons découverte au cours d’une conversation de supervision avec M.C. Cette maladie affecte certains narrapeutes et les aide dans leur travail. Progressivement, ils deviennent sourds à la plainte. Lorsqu’un énorme Dragon Plaintif vient geindre et gémir dans leur bureau, ils n’entendent pas, ou à peine, le vacarme de ses interminables jérémiades. Ils observent avec compassion leur client se débattre contre son influence. Ils rôdent dans les banlieues de la Plainte en attendant de crocheter la serrure qui donne, par effraction, sur l’arrière-cours lumineuse de l’identité. Nos questions sont des clés, certaines ne débouchent sur rien, d’autres ouvrent des fenêtres sur l’océan.

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Madigan

Je suis un fan de Stephen Madigan. Chaque fois qu’il est venu à Bordeaux, il y a eu un avant et un après. C’est peut être le 10ème atelier de lui auquel j’assiste aujourd’hui et j’ai déjà vu certaines des vidéos qu’il présente. Mais à chaque fois, son travail ouvre pour moi de nouvelles façons de comprendre le mien, de nouvelles possibilités d’exploration, et surtout, me rattache aux profondes racines qui irriguent l’ensemble des pratiques narratives (parmi lesquelles la colère face aux abus des différents pouvoirs institutionnels).
Je voyage dans le temps, aussi. Je ne reçois pas passivement ses idées mais j’en suis un coauteur différent en fonction de l’endroit de ma vie où je les reçois. L’accueil de cette communauté de thérapeutes de Vancouver, son respect amical et intéressé vis à vis du coaching, son attachement passionné à la justice sociale, son engagement sans complaisance envers la déconstruction des activités du pouvoir dans la relation d’aide, me font sentir très naturellement à ma place parmi eux. 
Je suppose que cette histoire de « faire partie » est très importante pour moi depuis toujours et qu’elle façonne dans une grande mesure mes rapports aux autres. C’est peut-être, ainsi quand on descend d’une longue lignée de nomades, dans un monde qui privilégie l’appartenance et la stabilité. Je réalise aujourd’hui, depuis quelque temps, que le nomade n’est pas un homme sans appartenance, mais un homme qui voyage entre les appartenances.

La lecture de « Faites vous même votre malheur » de P. Watzlawick, qu’une amie à glissé dans mes bagages avec peut-être quelques arrières-pensées, constitue un contrepoint saisissant avec « Margin Call » de J.C. Chandor (vu dans l’avion), qui en constitue une terrifiante application pratique. Le livre du fondateur de l’école de Palo Alto décortique de façon d’autant plus profonde qu’elle est hilarante les différentes méthodes mises au point par notre culture pour nous permettre de nous rendre en permanence malheureux, déçus, amers, désabusés, insatisfaits, nous maintenir dans la quête perpétuelle et frustrante de l’inaccessible étoile. Tout coach, tout thérapeute devrait lire ce joyau, joyeux jeu de massacre où Freud, Nieztsche, Sartre, Laing, Marx (Groucho), Sophocle, Rousseau et les mères juives sont convoqués pour nous libérer des enfermements et des emprises que nous effectuons à norte insu sur nous-mêmes et sur les autres.

« Margin Call », thriller financier brillant, nous raconte la nuit de 2008 où une firme américaine de courtage financier qui ressemble beaucoup à Merill Lynch (où coïncidence, le papa du réalisateur a bossé pendant 40 ans)  a décidé d’injecter cyniquement dans toute l’économie occidentale un virus foudroyant appelé subprimes
Dans les deux cas, l’honnête homme est (pour parler à la fois comme les narranautes et les systémiciens) déchiré entre l’histoire dominante de sa construction du monde et l’histoire préférée mais tout aussi dominante de son programme officiel.

Il y aurait beaucoup à dire sur les liens entre leurs deux histoires, sur les séismes qui naissent dans la faille intercontinentale qui les sépare…

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